Gabon : Brice Oligui égrène son chapelet de promesses

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 » Nous allons nous atteler à donner à tous des raisons d’aspirer à une vie meilleure « , a déclaré le président de la transition gabonaise.

Constitution, prisonniers d’opinion, exilés politiques et conditions de vie des populations, le président de la transition gabonaises a présenté les axes de son action lors de sa prestation de serment. Mais pendant combien de temps le général tiendra-t-il le gouvernail de son pays ?

Le palais du bord de mer à Libreville au Gabon a un nouveau locataire : Brice Oligui Nguema. Cinq jours après avoir mis fin au contrat de bail d’Ali Bongo, ce général proche de la cinquantaine, y a posé ses valises.

Le siège du pouvoir suprême au Gabon, n’a aucun secret pour ce général dont c’était le lieu de travail. D’abord sous le père Omar Bongo Ondimba en qualité d’aide de camp puis sous son fils, à la tête de la GR, la garde présidentielle.

Ça c’était avant. désormais c’est en qualité de Boss, qu’il marchera sur la moquette rouge de ce lieu ‘’sacré’. Porté en triomphe par ses ‘’frères d’armes’’, puis accueilli en  »libérateur ’’ par des gabonais, le général, proche de la cinquantaine, sait qu’il est attendu au tournant par une population qui peine à tirer son épingle du jeu depuis des lustres.

Lundi, il n’a pas échappé à la tentation des promesses pour tenter de rassurer. Et sa liste est longue.

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‘’Depuis quelques jours, le CTRI a entrepris des consultations avec toutes les forces vives de la Nation.’’, a déclaré le général président de la transition. Toutes en reconnaissant les préoccupations légitimes et limpides de ses concitoyens. Et promet de s’atteler à donner à tous des raisons d’aspirer à une vie meilleure. Défi qu’il entend mener avec ‘’un gouvernement composé de gens expérimentés et de personnes à la compétence aguerrie’’ attendu dans les prochains jours.

Brice Oligui Nguema s’engage notamment à doter le Gabon d’institutions fortes, démocratiques et crédibles au terme de la transition.

Inclusion

La bataille du changement a l’odeur d’inclusion pour le général béret vert. C’est ainsi que l’on peut comprendre la promesse du retour au bercail des exilés politiques formulée lundi. Mais aussi, l’amnistie pour les prisonniers d’opinion.

Son chantier politique porte aussi sur l’élaboration d’une nouvelle Constitution par référendum ainsi qu’un nouveau code électoral et un code pénal fiable qui garantisse à tous les mêmes chances. Le tombeur d’Ali Bongo ajoute   »Notre pays le Gabon mérite des institutions fortes, crédibles, une gouvernance assainie plus en phase avec les normes internationales en matière de respects des droits humains, des libertés fondamentales, de la démocratie, de l’Etat de droit ».

Mais la réalisation de ces défis dépend de plusieurs facteurs. Une bonne notation du pays sur l’échiquier international vaut son pesant d’or. C’est loin d’être le point fort du nouveau régime dont la légitimité n’est pas issue des urnes, plutôt d’un mouvement des hommes en uniforme. Même si le chef du coup d’État s’en défend.

 »C’est sans aucune violence, sans heurts et sans effusion de sang que le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) a changé le régime en place qui confisquait le pouvoir des institutions de la République depuis plusieurs années au mépris flagrant des règles démocratiques ». Mais pas de quoi écarter les condamnations à l’échelle internationale.

‘’Notre étonnement est grand quand on entend certaines institutions internationales condamner l’acte posé par des soldats qui n’ont fait que respecter leur serment sous le drapeau : sauver la patrie au péril de leur vie.’’, a déclaré Brice Oligui. Et d’ajouter : Desmond Tutu disait : si vous êtes neutres devant une situation d’injustice c’est que vous avez choisi d’être du côté de l’oppresseur.  Reste à savoir l’agenda de ce programme.

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