Les kystes dentaires.

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Le kyste est une tumeur puisqu’elle correspond bien à une augmentation de volume d’un tissu clairement délimitée sans précision de cause. Cette formation de tissus a lieu à la suite d’un dérèglement de la croissance cellulaire de type bénin. Le kyste est une tumeur bénigne dans la mesure où il est sans gravité, et ne peut donner lieu à des métastases. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’est pas pathologique.

Les kystes dentaires sont très fréquents et extrêmement divers. Ils se développent sur place, à l’endroit où ils ont pris naissance.

Les kystes pourraient naître de débris de l’ostéogénèse, le processus par lequel s’élabore le tissu osseux. Ces restes, isolés durant un temps considérable, entraîneraient, sous l’effet d’une stimulation d’origine encore mal connue, la formation d’un kyste.

Selon certains auteurs, la soudaine prolifération de ces débris serait secondaire à une inflammation d’origine dentaire ou parodontale, et donnerait naissance aux kystes inflammatoires.

On sait également que la formation et le développement d’un kyste dépendent à la fois de la prolifération cellulaire, de l’accumulation de fluide dans sa lumière et de la résorption osseuse. Ces 3 paramètres sont ensuite variables selon le type de kyste auquel on a affaire.

 

La sphère orofaciale est particulièrement complexe d’un point de vue histologique. Cette particularité rend possible la grande variété de kystes. Certains auront un rapport avec l’organe dentaire, ce sont les kystes odontogènes, d’autres pas, les kystes non odontogènes.

Néanmoins, leur diversité n’entraîne pas une multitude de symptômes différents. Dans la grande majorité des cas, la tuméfaction osseuse est le premier signe d’alerte2. L’inspection permet de remarquer la consistance de la tuméfaction, tandis que d’autres facteurs, comme l’âge, la fréquence, le siège de la tumeur et certains signes radiologiques vont pouvoir orienter le diagnostic.

Les signes dentaires, en revanche, sont longtemps inexistants. Lorsque ces signes d’alerte apparaissent, cela signifie que la lésion a déjà atteint un volume important :

–          Une douleur dentaire, même brève

–          Une mobilité dentaire

–          Une fistule

–          Une sensation de pression

–          Des saignements gingivaux

–          Des fractures spontanées

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–          Des troubles de l’occlusion

–          Des déplacements dentaires.

La radiographie constitue l’examen de base pour les dépister, bien que les risques d’erreur existent compte tenu de la variété possible des lésions. L’orthopantomogramme peut en apprécier l’extension. 

Les différents kystes

Les kystes épithéliaux odontogéniques liés au développement :

Ces kystes qui dérivent de l’épithélium odontogénique peuvent apparaitre lors du développement d’une dent ou après son éruption.

On note notamment le kyste gingival du nouveau-né, le kyste gingival de l’adulte (peu fréquent), le kératokyste odontogénique, le kyste dentigère (formé au sein de l’organe de l’émail d’une dent encore incluse), le kyste d’éruption (qui entoure la couronne d’une dent prête à faire son éruption), le kyste périodontal latéral, le kyste odontogène calcifiant et le kyste glandulaire odontogénique.

Les kystes épithéliaux non odontogéniques

Ces kystes non odontogéniques ne représentent que 5 % des kystes maxillaires. On compte le kyste nasopalatin3 (le plus fréquent du groupe et décelé grâce à la mobilité des incisives qu’il entraîne), le kyste nasolabial et le kyste globulomaxillaire.

Les kystes odontogéniques inflammatoires

Ces kystes sont le plus souvent liés à des complications infectieuses des infections de la pulpe dentaire non ou insuffisamment traitées. Comme ils sont souvent asymptomatiques, ces kystes sont découverts lors d’examen de routine. Ils peuvent néanmoins se révéler au cours d’épisodes aigus et particulièrement douloureux liés à la constitution d’une tuméfaction dure.

On dénombre le kyste radiculaire latéral, le kyste apical, le kyste résiduel (2 à 10 % des kystes dentaires) et le kyste paradentaire.

Traitement des kystes dentaires

Malgré leur diversité, les kystes dentaires présentent un point commun de taille : leur traitement. Lorsque le kyste provoque une surinfection ou est à l’origine de répercussions fonctionnelles ou inesthétiques, on procède à son énucléation par voie chirurgicale. Un traitement chirurgical sous anesthésie générale peut aussi être envisageable en fonction de l’état de la lésion. Dans la plupart des cas, et contrairement à la fistule dentaire, la lésion ne disparait pas d’elle-même lorsque le foyer infectieux supposément à l’origine de son apparition est traité.

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