TRIBUNE LIBRE. de RAYMOND NDONG SIMA đŸ‘ŒđŸŸ

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de RAYMOND NDONG SIMA đŸ‘ŒđŸŸ

« Ces contradictions de la loi des plus forts:

L’Occident a dĂ©fini les normes et les rĂšgles de fonctionnement du monde actuel. Son avance technologique et organisationnelle lui en a donnĂ© le droit. C’est cette avance qui lui permet de dominer la terre entiĂšre et d’en disposer.

Il lui arrive, en raison de ce statut, de soutenir des raisonnements dans lesquels pointent quelques contradictions puisqu’ils oscillent entre leurs principes moraux, leurs normes sociales et leurs intĂ©rĂȘts Ă©conomiques.

Par exemple depuis un certain temps, on entend de plus en plus de leaders occidentaux évoquer la surpopulation de la terre et citer en exemple la menace africaine. De fait, les africains auxquels ils se réfÚrent sont ceux qui se trouvent au sud du Sahara.

Or, le premier constat que l’on fait en dĂ©couvrant la liste des dix (10) pays les plus peuplĂ©s au monde, c’est qu’un seul pays au sud du Sahara, le NigĂ©ria, entre dans ce club des pays les plus peuplĂ©s au monde et il y occupe la septiĂšme place loin, trĂšs loin de la Chine et de l’Inde et mĂȘme assez loin encore de l’IndonĂ©sie.

Quand on parle des projections dĂ©mographiques, on ne dit pas que l’IndonĂ©sie qui est seulement Ă  58 millions d’habitants des États Unis va les rattraper et les dĂ©passer, non. On parle du NigĂ©ria qui est Ă  128 millions d’habitants des États Unis et qui devrait dit-on les dĂ©passer dans les 30 ans Ă  venir.

Les femmes africaines du sud du Sahara, pour parler plus clairement, sont accusĂ©es de faire trop d’enfants. On avance, pour le leur reprocher, une moyenne de cinq enfants par femme. Or, dans le mĂȘme temps, l’Occident choisit lui-mĂȘme de ne plus faire d’enfants en rĂ©duisant (au nom du confort matĂ©riel immĂ©diat) le nombre d’enfants par couple ; ou en se cantonnant dans le cĂ©libat ; ou en contractant des mariages dont les rĂšgles biologiques naturelles ne permettent plus la procrĂ©ation ; ou plus radicalement encore en versant dans les unions homosexuelles. Mais ce sont les africains au sud du Sahara pourtant quatre (4) fois moins nombreux que les asiatiques qui prĂ©occupent.

Mais les contradictions ne s’arrĂȘtent pas lĂ . Puisque sur le plan politique, la rĂšgle de gestion vient du principe dĂ©mocratique qui prĂ©suppose la libertĂ© de penser et de choix ; comment comprendre (mĂȘme s’il faut faire attention Ă  ce qu’on dit car on ne peut plus rien dire selon certains qui pourtant disent tout) que ceux qui se donnent le droit de l’homosexualitĂ©, refusent aux autres le droit de la polygamie. Oui, l’Occident lĂ©galise une pratique Ă  laquelle, parmi les espĂšces vivantes sur terre, seule l’espĂšce humaine s’adonne ; mais il condamne une autre pratique pourtant bien rĂ©pandue dans un grand nombre d’espĂšces vivantes.

Il y a tant de choses dont il n’est pas certain, si chaque voix venait Ă  s’exprimer comme le prĂ©suppose la rĂšgle politique en dĂ©mocratie, qu’elles ne seraient pas dĂ©savouĂ©es et conspuĂ©es par la majoritĂ© de l’humanitĂ©. Mais la loi des plus forts n’est pas celle du plus grand nombre. Les normes et les principes sont d’abord celles et ceux du plus fort qui les imposent aux plus faibles.

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La crise sanitaire actuelle est un nouvel exemple de cette démocratie à géométrie variable.

Le monde entier vient de vivre, en cette annĂ©e 2020, un premier trimestre surrĂ©aliste. Une pandĂ©mie s’est dĂ©clarĂ©e, pour une fois loin de l’Afrique et s’est propagĂ©e sur l’ensemble de la planĂšte Ă  une vitesse que nul ne soupçonnait.

Bien que dĂ©bordĂ©e, l’Europe met un accent particulier sur les consĂ©quences de cette pandĂ©mie sur l’Afrique et beaucoup de ses scientifiques projettent ouvertement d’en faire leur champ d’expĂ©rimentation.

Si c’Ă©tait les systĂšmes sanitaires des pays africains qui avaient Ă©tĂ© dĂ©bordĂ©s aussi vite que ceux de l’Italie, de la France de l’Espagne et des USA, le monde entier crierait Ă  l’incurie des africains, Ă  la corruption de ses Ă©lites etc.
Si des soupçons de conflits d’intĂ©rĂȘt avaient Ă©tĂ© mis en Ă©vidence comme c’est le cas par exemple en France et aux USA, ce serait le mĂȘme rĂ©quisitoire.

Or, les pays les plus dĂ©veloppĂ©s au monde ont Ă©tĂ© dĂ©bordĂ©s avec une facilitĂ© dĂ©concertante qui rappelle le contournement rapide et facile par l’armĂ©e allemande (la pandĂ©mie dans le cas d’espĂšce) de la ligne Maginot (le systĂšme sanitaire occidental) pendant la guerre de 39-45.

C’est dans ce contexte qu’on assiste Ă  une Ă©vacuation en masse des occidentaux convaincus que l’Afrique va sombrer en raison de la dĂ©faillance de son systĂšme sanitaire et anticipant dĂ©jĂ  un effondrement des rĂ©gimes politiques en place.

Il ne se passera ni l’un ni l’autre. Et mĂȘme si tel Ă©tait le cas, ne serait-ce pas lĂ  l’occasion idĂ©ale de freiner la dĂ©mographie dĂ©raisonnable de l’Afrique. Pourquoi ceux Ă  qui cela est supposĂ© profiter s’en soucient-ils encore ?

Les africains ont dĂ©jĂ  des taux de mortalitĂ© Ă©levĂ©s qui ne sont bien sĂ»r pas pris en compte quand on fait des projections dĂ©mographiques alarmistes. Ébola dont on ne connaĂźt pas l’origine a sĂ©vi Ă  plusieurs reprises sur le continent mais n’a pas emportĂ© tout le monde. A Mekambo, il y a eu des survivants et tous n’ont pas Ă©tĂ© secourus par des personnels mĂ©dicaux venus d’ailleurs. La vie y a repris son cours.

Il faut que la logique actuelle prĂ©vale jusqu’au bout. Mais il faudra aussi que ceux parmi nous qui survivront Ă  cette pandĂ©mie, directement venue d’Europe, se souviennent de ce sauve qui peut sĂ©lectif.

En tout Ă©tat de cause, puisque nous sommes laissĂ©s Ă  nous-mĂȘmes dans notre mouroir Ă  ciel ouvert, mourons dans la dignitĂ©. Relevons notre hygiĂšne quotidienne, respectons les mesures barriĂšres, ajoutons-y le port systĂ©matique des masques et consultons nos homĂ©opathes et herboristes.

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