BURKINA FASO/Deuxième coup d’État Faso en 2022 

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Le Burkina Faso a connu vendredi un second coup d’Etat en huit mois, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrivé au pouvoir par un putsch fin janvier, ayant été à son tour démis de ses fonctions par des militaires. C’est le cinquième coup d’Etat en Afrique de l’Ouest depuis 2020.

Le Capitaine Ibrahim Traoré, Chef de Corps du Régiment d’Artillerie de Kaya, est le nouveau Président du MPSR. Le Président du Faso, qui sera un civil ou un militaire, sera désigné ultérieurement.

Des militaires ont fait des déclarations à la télévision publique RTB dans la nuit de ce 30 septembre 2022 annonçant entre autres la dissolution du gouvernement, de l’Assemblée législative de transition (ALT), et de la Charte de la Transition, la fermeture des frontières, etc.

Ils ont également annoncé que le Capitaine Ibrahim Traoré est le nouveau Président du MPSR. Le Président du Faso qui sera un civil ou un militaire sera désigné ultérieurement, selon les hommes en armes. Un couvre-feu est instauré de 21h à 5h du matin. Toutes activités politique et des OSC est suspendue.

Pour la seconde fois en huit mois, le Burkina Faso a connu vendredi un nouveau coup d’Etat. Arrivé au pouvoir par un putsch fin janvier, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba a, à son tour, été démis de ses fonctions par des militaires. Après une journée émaillée de tirs dans le quartier de la présidence à Ouagadougou, une quinzaine de soldats ont pris la parole, vendredi soir, sur le plateau de la radiotélévision nationale.

« Le lieutenant-colonel Damiba est démis de ses fonctions de président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration », le MPSR, l’organe dirigeant de la junte, ont-ils annoncé. A sa place, ils ont présenté le nouvel homme fort du pays, le capitaine Ibrahim Traoré, qui est désigné président du MPSR.

Fermeture des frontières et couvre-feu

A 34 ans, celui-ci était jusqu’à présent le chef de l’unité des forces spéciales antijihadistes Cobra dans la région de Kaya (nord). Le sort de Paul-Henri Sandaogo Damiba restait inconnu vendredi soir, précise l’AFP.

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Les putschistes ont également annoncé la fermeture des frontières terrestres et aériennes du pays à partir de minuit, ainsi que la suspension de la Constitution et la dissolution du gouvernement et de l’Assemblée législative de transition. De plus, un couvre-feu est aussi mis en place entre 21 heures et 5 heures.

Attaques jihadistes

Les militaires invoquent « la dégradation continue de la situation sécuritaire » dans le pays. « Loin de libérer les territoires occupés, les zones jadis paisibles sont passées sous contrôle terroriste », ont-ils poursuivi. A son arrivée au pouvoir le 24 janvier, lui aussi par un communiqué lu par des hommes en armes à la télévision, Paul-Henri Sandaogo Damiba avait promis de faire de la sécurité sa priorité, dans ce pays miné depuis des années par de sanglantes attaques jihadistes. Mais celles-ci se sont multipliées ces derniers mois, notamment dans le Nord.

Les putschistes ont promis de convoquer « incessamment les forces vives de la Nation » afin de désigner un « nouveau président du Faso, civil ou militaire ».

Appel du ministère des Affaires étrangères

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), dont le Burkina est suspendu des instances depuis le coup d’Etat de janvier, a « condamné avec la plus grande fermeté la prise de pouvoir par la force qui vient de s’opérer ». En ajoutant les deux putschs au Mali et celui en Guinée, c’est le cinquième coup d’Etat en Afrique de l’Ouest depuis 2020.

L’Union européenne a exprimé ses « inquiétudes », même sentiment du côté des Etats-Unis, qui se sont dits « extrêmement inquiets ». Le ministère français des Affaires étrangères a demandé à ses ressortissants à Ouagadougou, estimés entre 4.000 et 5.000, de rester chez eux.

Influence de Moscou

Vendredi après-midi, plusieurs centaines de personnes, dont certaines brandissaient des drapeaux russes, se sont rassemblées sur la grande place de la Nation à Ouagadougou pour réclamer une coopération militaire avec la Russie, rejeter la présence militaire française au Sahel et exiger le départ du lieutenant-colonel Damiba, a constaté l’AFP.

L’influence de Moscou ne cesse de croître dans plusieurs pays d’Afrique francophone ces dernières années et il n’est pas rare de voir des drapeaux russes dans de telles manifestations.

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